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Dimanche 16 mars 2008
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Sur les conseils d’une amie, je décide d’aller à Utrecht pour visiter le musée des instruments de speelklokpierement7.jpgmusiques et des automates. En fait le musée est dédie entièrement a tous les automates et autres mécanismes mis en place pour faire de la musique sans prestation humaine.
Suivant le guide, je découvre tout d’abord des lapins automates, puis des horloges au raffinement inattendu (la partie arrière de l’horloge étant dotée également d’ornements subtils), puis de petits orchestres timballent à un rythme boiteux, des pianos voient leurs touches s’enfoncer toutes seules, des orgues de barbarie déversent des fanfares triomphantes… la visite se termine au « dancing », ou une machine énorme nous interprète Bill Halley effrénément.
 
J’apprends que les orgues de barbarie « géants » n’ont eu leur grande heure véritablement qu’aux Pays Bas, en Belgique et dans le Nord de la France, à la faveur d’une géographie invariablement stable (entendez « plate ») qui autorisait de pousser et tirer ces gros instruments.
J’apprends également que les petites «  partitions » (vous savez avec les trous pour les notes, comme pour les orgues de barbarie ?) se sont drastiquement amincies quand elles étaient destinés aux bals, le « musicien » étant payé par morceau joué et non par heure… « money makes the world goes around »…
 
 
En bref, toute la visite est un enchantement – les objets sont dans un état remarquable, les explications simples et ludiques et la speelklokpierement4.jpgprogression de la visite passionnante, car plus l’on avance, plus les objets se font imposants et complexes… et plus mon enfance revient au galop – car me voila a présent yeux écarquilles, sourire crédule et oreilles pointées…
 
Mardi 11 mars 2008
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Je passe une grande partie du week-end dernier à me plonger le plus subtilement possible dans le mode de vie "typique" d'Amsterdam.
Ca commence, bien sur, par un vélo, loué à la gare, pour me rendre à un dîner dans une rue d'Amsterdam Sud, très près du Museumplein.
C'est un "triple date" - les trois hommes du soir ont étudié ensemble a Groningen.
On discute le bon vieux temps, les fraternités étudiantes et les dernières nouvelles, dans un mélange joyeux de néerlandais et d’anglais.
Je discute avec une des femmes présentes, une jeune photographe qui m’apprend qu’elle travaille notamment pour l’Unicef et vient de finir une série de photos pour l’exemplaire de Elle a paraître en Juillet.
 
Cette première mise en bouche amstellodamoise fut, disons, assez légère pour ne pas brusquer mes atavismes franchouillards patentés.
 
Hagelslag-copie-2.jpgAvec l’aube, commencèrent les choses sérieuses. Tout d’abord, bien sur, le petit déjeuner avec le Hagelslag, les petits copeaux de chocolat, que petits et grands mangent invariablement au petit déjeuner et au déjeuner et sur lesquels, obsession culinaire oblige, je reviendrai très prochainement.
 
Apres ce petit-déjeuner tout en fromage et en tartines, petite balade dans le quartier. Nous arrivons au café Wildschut – le décor Art nouveau, ainsi que les petites alcôves créées autour des tables, pour la protection de l’intimité des clients, avec leurs dossiers tapissés, me rappelle un peu l’Archiduc a Bruxelles . Comme dans tout café néerlandais qui se respecte, et ou le prorata du prix des consommations au temps passé est exactement opposé a celui pratiqué a Paris, nous y trouvons la table rituelle, ou s’entassent les journaux, posés sur un plateau supérieur a la table elle-même – celle-ci étant éclairée par des lampes placées en dessous du plateau. Nous y farfouillons et trouvons quelques magazines de circonstance, ou je lis, partagée entre amusement et consternation, moult articles sur le « président bling bling » – et l’opprobre jetée par maints journalistes et l’énigmatique « opinion publique » sur le déficit impardonnable de la France.
 
Passé ce moment de lecture, nous nous acheminons vers la maison des sœurs de mon homme, qui nous ont invités à déjeuner. Sur le chemin, mon amoureux me dit : « je te parie que nous aurons du fromage jeune (de Gouda), des tartines, du lait et des hagelslag ». Et nous revoilà partis pour ce que tout Français perdu dans les contrées bataves appelle « le second petit-déjeuner des Hollandais ». Une fois de plus, oui, je songe avec mélancolie à la poule au pot familiale du dimanche.
 
Apres le repas, nous commençons une balade dans Amsterdam, avec pour but ultime de visiter une exposition vente sur Steve Shapiro. Nous flânons près des canaux, je manque de me faire percuter par une petite dizaine de bicyclettes hollandaises, m’exclame devant des magasins de vêtements extravagants, avant d’arriver dans la rue de l’exposition ou se côtoient en rangs serrés, petite porte après petite porte, toutes sortes de galeries, promettant l’art et la politique – parfois dépareillées quand un antiquaire ironique s’immisce entre deux galeries pour perturber ce déballage d’œuvres contemporaines trop bien rangées.
L’exposition est très petite, comme on peut s’y attendre, mais belle.
0077264schapiro_s.jpg J’y apprends entre autres choses palpitantes que Barbara Streisand ne voulait être photographiee que d’un profil particulier (le gauche) – ce qui n’empêche pas les photographies d’être très intéressantes.
 
Ravis et satisfaits de notre intermède culturel, nous nous dirigeons alors vers un café brun, le  Café Scheltema, " Traditioneel literair cafe", ou je me goinfre sans dent férir de bitterballen.
 
Comme la journée n’est pas encore finie et que les stéréotypes ont parfois, a l’instar des expressions toutes faites, la vie dure, nous enchaînons sur une soirée « branchée », organisée par une couple d’amis gay, sur une île récente d’Amsterdam, l’île de Java – aucun bâtiment ne s’y ressemble, la municipalité ayant établi sur le mode «  un architecte = une maison ». Le résultat est assez réussi : on retrouve par exemple, la même élégance que les rues traditionnelles d’Amsterdam (maisons étroites, aux hauteurs hétéroclites), mais dans un style contemporain.
 
Cette journée en fin de compte très néerlandaise le fut aussi par sa conclusion, la compagnie des chemins de fer néerlandais m’ayant fait l’honneur, une fois de plus, de prévenir une minute avant le départ du train qu’il n’irait pas a la destination prévue. Arrivés a Schiphol, il nous faut attendre un bus pour Leyde et a Leyde attendre un train pour Den Haag Centraal (le train n’allant pas a Hollenspoor, notre destination), puis finalement, en pleine nuit marcher dans le vent et la pluie pour rentrer avec 1h15 de délai, dans notre humble - et passablement humide- demeure.
 
La voila ma Hollande grossièrement dessinée : des expositions, des tartines, des bitterballen, des soirées branchées et des trains en retard !
Mercredi 20 février 2008
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Me voila maintenant tenue de vous parler du choc inter-infraculturel, concept inventé par votre humble servante, a cet instant, et qui la replace bien malencontreusement dans la droite lignée des concepts tordus et inutiles qui ont constitué, a son esprit défendant, l’un des acquis majeurs de ses études supérieures*.
 
Par inter-infraculturel, j’entends l’étonnement que peut produire l’observation des coutumes issues de votre propre culture. Cela reste en quelque sorte interculturel puisque cet étonnement sincère (c’est une des spécificités de ce concept, par opposition a la « lucidité » dont un individu peut faire montre a l’égard de sa propre culture) est du a l’éloignement géographique ou moral du sujet d’avec sa culture d’origine que peut occasionner la fréquentation prolongée d’une autre culture.
 
« Las et pitié ! » entends-je murmurer par delà l’écran, «  de grâce épargne nous les préambules vainement methodologiques et viens en au fait ! ». Comme ma pédanterie n’a d’égal que mon angoisse – abyssale - de froisser des lecteurs fidèles, oui oui, je viens au fait.
 
Le fait est le suivant : j'ai passe recemment un week-end merveilleux en Sologne, belle région de France s’il en est. Un week end merveilleux a plus d’un titre – le temps printanier permettant de longues nonchalances au soleil, une nature magnifique et apaisée, une compagnie de choix, mes amis d’études, vieux habitues des reparties rapides, que mes récents choix de vie ne me permettent pas de voir aussi souvent que je le souhaiterais.
 
Je suis partie avec mon homme, déjà amusé des échanges d’e mails préalables et organisationnels : «  mais ma chérie, si je comprends bien, le programme c’est seulement manger ? ».
Il n’était pas loin de la vérité.
Le premier soir a commencé tard – le temps d’arriver a Paris puis, de Paris, atteindre la maisonnée isolée dans la campagne - nous arrivâmes a minuit, les yeux engourdis et l’estomac bavard.
Nous fumes accueillis avec des rillettes, un pâté de campagne, du saucisson et l’inévitable et réglementaire coup de rouge.
Le festin dura jusque tard dans la nuit, ponctue de vagues riantes et de silences fort brefs - les rillettes survivant en petit nombre au carnage gastronomique.
 
Le lendemain matin, je me levai péniblement vers midi, descendit au petit-déjeuner – une tablée joyeuse dégustait brioches et confiture et cela dura jusque vers 14h/14h30 après quoi certains d’entre nous s’autorisèrent une promenade digestive pendant que d’autres, plus dévoués, commençaient la préparation du déjeuner. Vers 16h nous commençâmes le déjeuner (3kg de viande au barbecue et des petits légumes au four).
Apres quoi nous entamâmes lourdement une seconde promenade, certains partant a pied, d’autres en « deudeuche », un bonheur.
 
De retour vers 19h, je trouve certains de mes congénères en plein goûter et me joins a eux pour une séance « Carla et Nicolas – les derniers potins », au coin du feu.
Finalement, après une petite sieste, vers 20h30/21h, les préparatifs du soir commencent et le dîner commence a 23h, soupe de cressons et pâtes, pas de viande, quand même n’exagérons pas.
 
Apres cette pénible journée, je fus parmi les premières a me retirer dans la chambre, épuisée de ces orgies culinaires dont j’ai complètement perdu l’habitude.
Enfin, le lendemain matin, nous profitons d’un dernier petit déjeuner – sucré encore une fois – et d’un déjeuner rapide avant de rentrer a La Haye, parce que c’est loin.
 
Nous avions, tous les Français, présents, essayé de nous maîtriser et une règle avait même été établie, dont je pris connaissance au courant de ces quelques jours : ne pas parler bouffe pendant qu’on mange.
 
Autant vous le dire : nous n’avons pas respecté cette règle.
 
Et moi de conclure, avec mon amie hongroise presente et sous le regard approbateur de mon grand Batave : «  ah oui c’est quand meme fou a quel point la nourriture est importante en France… »
 
 
 
* Cela étant, j’ai toujours partagé avec moi-même la croyance qu’un concept que le dictionnaire Microsoft Word ne peut reconnaître est valable intrinsèquement (1)
(1) Voir, Heidegger, « hymnes a Hoelderlin ».
Lundi 11 février 2008
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Je reviendrai sur le sujet plus longuement plus tard, mais je tenais a partager cette information, dont je viens tout juste de prendre connaissance sur le site du Monde...

http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/02/11/menacee-pour-ses-critiques-de-l-islam-radical-ayaan-hirsi-ali-demande-la-nationalite-francaise_1009699_3214.html#ens_id=1009701
Lundi 4 février 2008
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Voilà bien longtemps que je n’ai rien posté sur le blog et je m’en excuse, avec la fausse timidité de ceux qui aiment être lus.
Comme le dit une excuse qui n'avoue pas son impuissance : "les dernières semaines ont été riches en événements en tout genre et expliquent mon long silence".
 
Cela commence tout d’abord par un choc, en réalité un étonnement d’une nature nouvelle. De retour à Paris pour 5 jours, je suis frappée par une réalité qui m’avait jusqu’alors complètement échappé : les jeunes Français – a tout le moins les jeunes Parisiens - sont dans une large majorité petits, bruns et minces. Et les jeunes filles sont également brunes, aux joues rebondies et volettent dans leurs jupes mignonnes que des pieds alertes, et escarpinés, font ingénument danser sur les paves de Paris.
Rien à faire : j’ai beau admirer l’élégance et les silhouettes fines, y’a pas à dire, je préfère les grands blonds.
 
Cela dit, les beautés parisiennes ne sont pas seulement brunes – elles sont aussi photographiques : j’y ai vu la magnifique exposition consacrée a Boubat, que je vous recommande chaleureusement.
 vieuxport.JPGhotelNY.JPG
Passé ce choc, me voilà de retour à Rotterdam - non pas pour le travail cette fois mais pour ce qu’on pourrait appeler une visite de courtoisie : je profitai du Festival du film pour enfin aller plus loin dont mon lieu de travail et découvrir la ville par-delà les immeubles de bureaux qui jalonnent la gare centrale.
 
erasmusbrug-copie-1.JPGRotterdam, par moments, me fait penser a Berlin – sans doute le fait que ce sont toutes deux des villes détruites pendant la même guerre, et reconstruites pendant la même période. Il y a à Rotterdam, à certains coins de rue, le même éclectisme qu’on trouve a Berlin, un mélange de toutes les architectures dans un espace immense, vaguement décousu avec, en toile de fond un décor inénarrablement industriel.
 
Nous y avons vu une exposition intéressante sur le Nouveau réalisme, avant d’enchaîner sur trois films du Festival.
 
Le premier, Marrakech inshallah, laisse deviner un petit budget – l’image est à gros grains, mais, après tout, c’est peut-être un choix artistique. Je n’ai pas adoré le film – hormis l’acteur (et le personnage) principal, un petit garçon venu du Mont atlas chercher son grand frère à Marrakech.
Je ne vais pas parler du second film, déjà très connu en France, la Graine et le Mulet que j’ai trouvé très attendrissant – malgré sa longueur.
La journée s’est terminée avec un film franco-égyptien fascinant. Au départ tout commence comme un film de Bollywood : couleurs à la « Sous le soleil », jeune ville pâmée a la vue du jeune premier stéréotype dont le repoussoir bête et méchant donne, comme de bien entendu, raison à  l'adage : "la bêtise est mere de la méchanceté"..
Mais le film prend vite une autre tournure : manifestation contre la police corrompue, dénonciation de la torture et du non-respect de l’Etat de Droit… La jeune fille enamourée se fait violer par le méchant, et c’est le combat pour faire établir la vérité et triompher une justice non-népotisme...
 
Voilà peut-etre un autre point commun entre Berlin et Rotterdam : les deux films proposent des festivals de cinema accessibles et ou on peut decouvrir des oeuvres inattendues…
 
… Et décidément je suis fascinée par les villes dites « expérimentales » !

PS : pour les prix décernés pendant le festival, voir ici.
Mercredi 23 janvier 2008
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J'ai parlé récemment de la naissance ma petite niece, si adorable, a quelques Néerlandais - les prenant pour témoins, bien malgré eux et probablement a leur plus grand regret, de mon attendrissement quelque peu exubérant de nouvelle tante.

Et voila-ti pas que je me vois gratifiée d'un "Gefeliciteerd" - le meme, amical et chaleureux, que l'on m'avait adressé, vous vous en souviendrez peut -etre, a l'occasion de l'anniversaire de mon beau blond.

Moralité : laisser faire les autres et récoltez les félicitations ! 

Et moi qui pensais , naive réformée francaise, que la valeur travail était le moteur de cette société....

Mardi 22 janvier 2008
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En regardant un film sur les années 60 en francais, sous-titré en néerlandais, je constate que "Merde" est poliment traduit par "Jezus"...

Vendredi 11 janvier 2008
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Dans la série les Pays-Bas c’est joli mais c’est bien consumériste quand même, deux remarques :
 
-       je suis vraiment étonnée de voir à quel point parler de réductions, discounts et autres bonnes affaires est populaire ici.Et on vous dans les moindres détails explique ou-quel prix-quel pourcentage de réduction. Bien sur, la consommation est aussi un sujet de discussion en France, mais je pense qu’il y a quand même une différence d’échelle entre les deux pays – ne serait-ce que parce qu’il règne encore au pays des rois sans tête une certaine pudeur par rapport à l’argent.
 
En fait, pour vous dire le fond de ma pensée, je pense que parler de consommation aux Pays-bas c’est comme « parler bouffe » en France – cela a le même rôle social, la même aura de prestige – et ça fait plaisir…et ca peut etre rasoir.
 
-      Les soldes ont commencé entre Noël et Nouvel An – dans une frénésie de consommation qui me met mal a l’aise : après la recherche de cadeaux de Noël, j’avoue que je n’avais pas trop envie de me plonger a nouveau dans fripes et bibelots pour profiter des sacro-saints discounts.
J’ai l’impression qu’on veut me maintien, moi, petite consommatrice, « sous pression » afin que je ne puisse pas oublier que l’important c’est de consommer.
J’en parle à mon homme et lui dit que je trouve bien en France qu’il y ait une petite pause entre les fêtes de fin d’année et les soldes, histoire de se poser un peu (et éventuellement de se reconstituer son portefeuille) – ce a quoi il me répond, légèrement choqué : «  mais ce sont les magasins qui décident, pas l’Etat voyons ! ».
 
En resumé, l’ explication pertinente et synthétique  donnée dans le Monde
Les Pays-Bas ont aboli toute réglementation et ont totalement libéralisé le commerce, autorisant même les ventes à perte. Les soldes n'y font l'objet d'aucune limite. 

Quand je vous disais que c’était un pays libéral…
 
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