Aujourd’hui, un peu de
littérature avec un monument: Harry Mulisch.
Je le connais peu – mais je peux vous recommander les lectures que j’en ai fait : La découverte du ciel,
Siegfried et l’ Attentat.
Harry Mulisch semble habité par une assurance en lui-même très assumée (sur le mode « si on me
donnait le prix Nobel, je ne le refuserais pas ») et les livres que j’ai lu reflètent cela assez bien. Dans la Découverte du ciel, en grande partie
auto biographique, les échanges entre les deux amis, personnages principaux du film, oscillent bien entre quête raisonnée de la connaissance, spéculation
intellectuelle gratuite et snobisme cultureux.
Harry Mulisch, fils de collaborateur, aborde dans la Découverte du ciel et a fortiori dans Siegfried le problème de
la collaboration et du nazisme. Dans les deux cas, tous les ressorts dramatiques sont bons – jusqu’ au surnaturel et a l’inexplicable.
Evidemment, en bonne pseudo-cultureuse cultivant un détachement et un cynisme assez typique des comportements
intellectuels parisiens , j’émettais de nombreuses réserves sur ces ressorts avant d’ être convaincue par nombre d’ entre eux : ce que j’ ai apprécié en
lisant Harry Mulisch, c’ est de me retrouver dans un roman comme je n’ en avais plus lu de puis longtemps. Un roman avec rebondissements, longues conversations
métaphysiques et intellectuelles entre les personnages, fond historique de poids et secrets familiaux… sans oublier la love
story qui n’est pas ce qui me déplait le plus il faut bien le dire… - on peut être pseudo-cultureuse snobinarde et fleur bleue (même cachée), n’ est-ce pas?
J’ ai aussi apprécié énormément l’ironie et les mises en abîme, particulièrement dans Siegfried : dans ce livre, le
narrateur, un écrivain, probablement l’alter ego de Mulisch (ce qui explique sans doute son arrogance !), donne une lecture
en Allemagne ou il annonce qu’ il souhaiterait travailler sur Hitler mais n’ a pas encore trouve le bon biais et ne sait comment aborder le sujet. Or, a cette
lecture, il rencontre un couple qui dit avoir surveillé…. le fils d’ Hitler. Et l’ écrivain de narrer leur histoire – le prétexte du
prétexte du roman final dont l’ auteur est Mulisch. Bref, un complet jeu de miroirs que je trouve un tantinet facile mais
également très amusant. Le romain doit aussi se jouer de fausses coïncidences, orchestrées par leur auteur, parfois, « of niet » ?
Enfin, ce qui est appréciable pour moi qui suis en train de découvrir la culture et la mentalité des Néerlandais, ce sont les remarques de Mulisch sur ces compatriotes… Helen Haasse le fait aussi, dont je vous recommande le livre
« les Inities », qui se passe dans la Grece contemporaine, et dont la narration apparemment chronologique est poursuivie par plusieurs personnages
différents.
Harry Mulisch a eu 80 ans récemment et a été fêté comme tel comme
monstre de la littérature néerlandaise. Je vous recommande vraiment ses livres et aussi son blog, amusant (construit comme un jeu) et truffe de lui, partout
partout partout.