L'adieu à la Flèche
Hier matin, 7h30.
Les déménageurs viennent d'arriver pour prendre les affaires de mon petit refuge strasbourgeois, rue Sainte Madeleine. Je traverse les rues désertes de Strasbourg, confuse et imprécise, l'ame troublée et flottante.
Je pense à l'Alsace, à son mystère insondable et ses contradictions irréductibles qui en font un incroyable condensé d'humanité.
La ville déserte, les rideaux des boulangeries qui se lèvent un à un, peu à peu, le silence tranquille des vies qui s'écoulent - tout me semble irréel. Le plus troublant c'est la quiétude de la ville à l'aube, comme un ronronnement discret et paisible, quand dans ma tete tout se mélange et se confond dans un tonnerre indicible - les villes et les gens, ce qui fut et ce qui m'attend.
Alors, je m'arrete un instant pour saluer une dernière fois la Cathédrale dans ma brume métaphorique.